Les acouphènes en homéopathie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les ACOUPHÈNES en HOMÉOPATHIE


 

Entretien avec le Dr. M. Cécile RANTET

 

Henri Dubost : - Docteur M.-Cécile Rantet, vous exercez comme médecin homéopathe et acupuncteur dans le sud de la France, du côté des Albigeois. Pourquoi cet engouement pour les acouphènes ? Seriez-vous, vous-même en souffrance à cause de bruits insolites dans vos oreilles ?

 

M.-Cécile Rantet :  - Au risque de vous décevoir, seulement lorsque je suis très en colère. Cela m’arrive rarement et jusqu’à maintenant je maîtrise parfaitement le phénomène que je corrige avec une prise de Colocynthis en 30 CH (3 granules toutes les ½ h, en 3 ou 4 prises). Donc, je connais assez bien la sensation, pour moi éphémère, que certains d’entre vous perçoivent à longueur de journée. Je qualifierai cela d’enfer sur la terre.

 

H. D.                    - Mais pour en faire un livre ?

 

M.-C. R.              - Au cours d’une conversation, mon éditrice prononça le mot acouphène. Mon impétuosité à proclamer comme une évidence, mes résultats positifs nombreux dans ce domaine, lui donna envie de publier mes observations. Ainsi fut fait car je suis impressionnée par le désarroi de tant de personnes affligées de sonnailles ou sifflements immérités à leurs oreilles. Je voudrais que mon propos leur soit message d’espoir et mieux si possible, de réconfort.

 

H. D.                    - Racontez-nous les prouesses de l’homéopathie.

 

M.-C. R.              - La semaine dernière, Robert est venu me consulter à cause de ses aigreurs d’estomac. Il boit trop d’apéritifs. Je le lui fait remarquer à nouveau.

                            - « Mais, me dit-il, je ne consulte que vous, une fois tous les deux ans et chaque fois cela suffit. J’ai toujours dans la poche, (il me montre le tube) celui que vous m’avez prescrit pour mes bourdonnements d’oreilles il y a longtemps. Chaque fois que ça siffle à nouveau, j’en prends 3 granules 3 ou 4 fois dans la journée et je suis tranquille pour quelque temps. Je m’en sors toujours bien jusqu’à présent et j’ai l’intention de continuer de la même façon. Je tiens à vous le dire, je suis content ».

                                      Je lis le nom du remède, sur le tube dégagé de la poche de Robert, CHININUM SULFURICUM 9 CH.

                            - « Encore ce grand faiseur de miracle ! » m’exclamai-je. Et je comprenais bien que Robert vienne quémander d’autres tours de magie.

 

H. D.                    - Est-ce vraiment magique ou bien est-ce la compétence du thérapeute qui a trouvé le remède adéquat à la situation du patient ?

 

M.-C. R.              - Vous avez bien compris. CHININUM SULFURICUM est « le »remède des bourdonnements d’oreilles et des vertiges en homéopathie. Encore faut-il qu’il soit prescrit en fonction des modalités qui lui correspondent et selon une posologie adaptée à chaque cas.

 

H. D.                    - Des termes bien savants : modalités, posologie. Expliquez-nous l’homéopathie.

 

M.-C. R.              - Si nous définissons l’allopathie comme une méthode qui emploie des médicaments produisant des effets spécifiques opposés aux symptômes de la maladie, nous définissons l’homéopathie comme une méthode qui se sert de remèdes dans leurs effets spécifiques semblables à la maladie à traiter.

                            Ainsi le principe qu’Hahnemann a déterminé en 1824 : « Toute substance qui administrée à dose normale sur un sujet sain, produit certains effets, peut, si elle est administrée à dose diluée (infinitésimale) sur un sujet présentant les mêmes signes, guérir ces mêmes effets ».

                                      En allopathie contre les vomissements, on vous prescrit un antivomitif. En homéopathie contre ces mêmes nausées on vous préconise un vomitif à dose infinitésimale mais dont les modalités de la nausée et les signes concomitants sont semblables. La compilation de milliers d’observations sur l’effet des substances est notée dans des ouvrages volumineux, nommés « matières médicales » regroupées et fichées dans des ordinateurs actuellement.

                                      Un travail énorme dont le résultat se trouve dans des petits tubes en plastique chez votre pharmacien au bout de la rue.

 

H. D.                    - Encore faut-il savoir s’en servir.

 

M.-C. R.              - Chaque substance dont le nom est écrit en latin (nomenclature internationale) est suivie d’un numéro 5, 7, 9, 15, 30 (les plus courantes) et de deux lettres CH, Centésimales HAHNEMANN. Il s’agit de la hauteur de la dilution - 5 CH : une goutte de la substance (teinture mère) a été mise dans un litre d’eau puis agitée d’une manière très précise (il y a des machines heureusement !). Ensuite une goutte de ce mélange a été placée dans un autre litre d’eau ... et ainsi de suite 5 fois pour la 5 CH, 9 fois pour la 9 CH ... 30 fois pour la 30 CH. A partir de la 9 CH, il n’y a plus la possibilité de l’existence d’une seule molécule de la substance dans le mélange. Il ne reste que la mémoire de la forme ou du magnétisme de celle-ci disent certains. Balivernes disent les autres. La polémique dure, les patients guérissent.

 

H. D.                    - Quelques granules seulement ?

M.-C. R.              - Des granules, en effet, qu’il vaut mieux ne pas toucher avec les doigts et les mettre à fondre sous la langue puisqu’ils sont imprégnés en surface. La salive intégrera au plus vite l’information.

 

H. D.                    - Des 5 CH ou des 30 CH, lesquelles choisir ?

 

M.-C. R.              - Les 5 CH - les moins diluées, moins dynamisées dont la substance est davantage présente (on dirait plus forte en allopathie), sont à utiliser dans les petits bobos, un sifflement d’oreille après avoir bu un verre de vin : NUX  VOMICA 5 CH, 3 granules à sucer 1 ou 2 fois et tout rentrera dans l’ordre.

 

                            Les 7 CH se promènent entre 5 CH et 9 CH, lorsqu’on est peu sûr des signes ou que l’on veut espacer les prises.

 

                            Les 9 CH requièrent pour être prescrites des signes bien précis, au nombre de trois minimum parmi les symptômes spécifiques du remède. Il faut y ajouter une modalité réactionnelle du sujet. Si c’est un frileux, inutile de prescrire SULFUR. Si c’est un réchauffé, inutile de prescrire ARSENICUM ALBUM. D’où l’art difficile de la hiérarchisation, qualité principale de l’homéopathe.

 

                            Les 15 CH demandent :

-          des signes nerveux (névralgie, insensibilité du bras),

-          des signes de tempérament (aggravé pendant l’orage, intolérant au bruit, frileux),

-          des signes de comportement (prostration, agitation ou abattement, méticulosité),

-          ou des signes très spécifiques.

 

                            Par exemple CHININUM SULFURICUM  a en présence non seulement des vertiges mais des bourdonnements d’oreille (deux signes nerveux de taille) avec des modalités bien précises, palpitations violentes, pâleur et sueurs froides épuisantes. Devant le tableau complet, 15 CH peut être prescrit, 3 granules toutes les heures et espacer selon amélioration.

                            Le plus souvent, la dilution 15 CH est réservée à une prise par jour ou par semaine en 10 granules.

                                    

                            Les 30 CH sont les dilutions les plus hautes, les plus diluées et les plus dynamisées, donc où il y a le moins de substance et le plus d’énergie. Ce sont les plus percutantes. Les 30 CH en 10 granules ou en dose (un petit tube entier à prendre en une fois, bien placer les globules sous la langue et les saliver avant de parler sans s’étouffer !).

                          

                            La dilution 30 CH est réservée aux grands signes psychiques et aux grands syndromes spécifiques : grande peur après avoir vu un accident : ACONIT 30 CH, 1 dose. Traumatisme léger mais peur énorme : PAPAVER  30 CH, 1 dose. Traumatisme crânien avec perte de connaissance (au-delà des soins  classiques  appropriés - radio et EEG -) : ARNICA 30 CH, 1 dose, 1 fois/jour pendant 5 jours et NATRUM SULFURICUM 30 CH, 1 dose, 1 fois/jour pendant 5 jours.

 

H. D.                    - De la 5 CH ou de la 30 CH laquelle est la plus toxique ?
 

M.-C. R.              - Ni la 5 CH ni la 30 CH ne sont toxiques selon les critères de la chimie classique. On sait qu’à partir de la 9 CH il n’y a même pas une molécule de la substance dans le mélange. Il n’y a que la mémoire de la forme de cette molécule et une impulsion « électromagnétique » ou « énergétique » donnée à celle-ci. L’efficacité du remède homéopathique ne dépend pas de son potentiel chimique pondéral mais de sa capacité de toucher la zone sensible (le tir au but).

                                      Quel est le plus lourd, un canon utilisé par les armées de Napoléon ou une bombe à neutrons ? C’est le canon. Quel est le plus puissant ? C’est la bombe. Mais le plus efficace pour couler la frégate à 500 mètres c’est le canon, pour anéantir une ville entière au loin, c’est la bombe. Le plus efficace pour enrayer une angine méchante, un antibiotique ; pour donner une impulsion nouvelle, changer la direction d’un système immunitaire, une mini bombe en 30 CH.

 

H. D.                    - Une lectrice demande à partir de quelle dilution un médicament homéopathique n’est plus toxique.

 

M.-C. R.              - Cette dame veut parler des teintures mères (TM) qui, comme leur nom l’indique servent de bases aux dilutions homéopathiques. Mais votre pharmacien ne vous délivrera pas de TM d’ Arsenicum album. Il veille à ne vous laisser consommer que des préparations de Propolis ou de Chamomilla diluées dans de l’alcool pour le confort de votre digestion. Donc, les Teintures Mères ne sont pas toutes bonnes à consommer en l’état. Prenez avis éclairé de la part du spécialiste de votre officine.

                                      Par contre certaines substances ont été retirées du commerce récemment, puis réintroduites après contrôle, dont les dilutions s’étalaient entre la 1 DH (1ère décimale Hahnemann) et la 4 CH (4ème centésimale Hahnemann), toutes substances d’origine animale. Les spécialistes s’inquiétaient d’une propagation éventuelle d’une information virale. Le risque fut évalué et jugé nul.

                                      Tenez pour certain qu’à partir de la 4 CH - que le remède soit d’origine animale ou toxique - aucun produit ne peut être toxique. Mais à partir de la 4 CH le rapport matière/énergie est inversé. Moins il y a de matière plus l’onde de choc énergétique peut-être violente. Laquelle violence ne veut pas dire efficacité ni justesse. Cela dépend de la cible. L’efficacité d’un remède homéopathique dépend de l’adéquation entre la cible (le terrain, le symptôme avec ses modalités) et le projectile.

 

H. D.                    - Untel se plaint qu’ Ambra grisea lui donne des vertiges.


M.-C. R.              - Le projectile n’est pas adéquat à la cible.

                            * Est-ce la bonne dilution/dynamisation ?

                            Pour colmater une fuite dans son système hydraulique, au lieu de sable fin mélangé à du ciment, on a envoyé un gros caillou qui bloque d’autres circuits, augmente la pression (vertiges) et ne solutionne pas le premier problème.

                            * Est-ce le bon espacement des prises ? Une seule ou de multiples ? Comme pour certains cactus qui aiment à être arrosés une fois l’an, les géraniums qui préfèrent l’apport quotidien ou les orchidées qui se délectent d’une ambiance générale de fines gouttelettes en suspension.

                            * Est-ce le remède qui ne convient pas avant de penser à l’aggravation passagère qui précède parfois une amélioration. Annie semble avoir persisté et observé toujours la même chose qui doit l’obliger à interrompre cette thérapeutique.

 

H. D.                    - C’est un vrai casse-tête ces dilutions, ces répétitions de prises, le choix du remède !
 

M.-C. R.              - Souvenez vous de Robert. Il s’en moque. Son salut réside dans le tube au fond de sa poche ! Qu’à cela ne tienne pour chacun de vous souffrant et plein de bonne volonté. Accrochez-vous et exigez de même de votre homéopathe. Il n’y arrivera pas du premier coup. Soyez patient et perspicace.

 

H. D.                    - Comment trouver un homéopathe ?  

M.-C. R.              Chacun doit établir une relation de confiance avec son thérapeute.Ce n'est  pas obligatoirement le premier de la liste, ni le premier rencontré qui est le bon. 

                                      SYNDICAT NATIONAL DES MÉDECINS HOMÉOPATHES FRANÇAIS

Siège Social : G.O.MED. - 79, rue de Tocqueville - 75017 PARIS
Tél. : 01 44 29 01 31 – Fax : 01 40 54 00 66

Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Site : www.upml.fr/snmhf/

                                

                                    H. D.                  - Chacun de nous peut-il s’auto-prescrire des remèdes homéopathiques ?

 

M.-C. R.              - CHININUM SULFURICUM 9 CH, 3 granules 1 fois/jour est à essayer sans risques intercurrents majeurs. De la même manière l’autre outsider, CHENOPODIUM 9 CH, 3 granules 1 fois/jour (accompagné de surdité) peut aussi être tenté sans consulter. Mais j’ai écrit mon livre pour que chacun possède un terrain de recherche pour participer et aider au diagnostic en collaboration avec le médecin homéopathe. Toutes les propositions indiquées dans mon livre sont répertoriées avec des tableaux de lecture facile en vue d’alléger la tâche de votre médecin. Car plus vite vous aurez un résultat mieux vous bénirez le ciel, et chacun sait qu’il faut aider le ciel !

 

H. D.                    - Y-a-t-il incompatibilité entre les remèdes homéopathiques et allopathiques ?
 

M.-C. R.              - Aucune, vous pouvez allégrement consommer les deux prescriptions. Signalez votre programme allopathique à votre homéopathe afin qu’il réajuste son ordonnance en fonction de la toxicité des premiers remèdes. Mais LOBELIA, PLUMBUM s’accommodent parfaitement avec VASTAREL* et LEXOMYL*. Il faut savoir que LOBELIA et PLUMBUM peuvent être gênés dans leur efficacité par la toxicité du Lexomyl (benzodiazépine) nécessaire à votre moral du moment.

                          

                            Pour pallier à ces intercurrences vous pouvez ajouter à votre consommation : NUX VOMICA 9 CH, 3 granules 1 fois/semaine et THUYA OCCIDENTALIS 9 CH, 3 granules 1 fois/semaine. Usez de la même précaution si vous consommez une pilule contraceptive, des hormones palliatives à la ménopause ou à une pathologie prostatique.

                          

                            Si vous ingérez de l’ASPIRINE assez souvent et longtemps prenez SALICYLICUM ACIDUM 5 CH, 3 granules/jour ou 9 CH, 3 granules 2 fois/semaine.

                          

                            Pour éviter l’intoxication à la DIGOXINE (tonicardiaque à base de DIGITALE) : LAUROCERASUS 5 CH, 3 granules 1 fois/jour.

                          

                            Pour pallier à l’intoxication à la QUININE (antipaludien) : CHININUM SULFURICUM 9 CH, 3 gr 1fs/jr.

                          

                            Les b-bloquants ont des effets très nocifs à contrer par GLONOÏNUM 3 granules les jours pairs et CHININUM SULFURICUM 9 CH, 3 granules les jours impairs.

                          

                            La TRINITINE (et dérivés nitrés) et l’HEPTAMINOL (contre l’hypotension) ont leurs adeptes. L’antidote à leurs maux de tête et sifflements : GLONOÏNUM 9 CH, 3 granules 1 fois/jour (idem pour les intolérances à certains antiarythmiques et tonicardiaques autres que la digoxine).

                          

                            Toute prise de médication chimique suspectée de provoquer des acouphènes doit être antidotée par CHININUM SULFURICUM 9 CH, 3 granules 1 ou 2 fois/jour. Si au bout d’un mois l’essai n’est pas concluant, on arrête.

 

H. D.                    - Il n’y a pas que les intoxications chimiques qui occasionnent des acouphènes.
 

M.-C. R.              - Bien sûr. Une trompe d’Eustache bouchée, une banale otite, l’inflammation chronique de l’oropharynx avec otites à répétitions, la congestion de l’oreille moyenne ; on aura ici une indication pour les remèdes d’inflammation.

 

                            Par exemple pour une otite aiguë :

-          Douleur à l’oreille et fièvre de survenue brutale par un coup de froid sec. Le sujet est agité, congestionné mais ne transpire pas : ACONIT NAPELLUS 9 CH, 3 granules toutes les ½ heures 5 fois.

-          Si amélioration nette et complète, on arrête tous les traitements et tout va bien.

-          Si le petit malade se plaint toujours, sa température traîne sur une moyenne de 38°, agité ou non : FERRUM PHOSPHORICUM 9 CH, 3 granules 3 fois/jour pendant 3 jours avec HEPAR SULFUR 30 CH, 1 dose le premier jour, en une seule prise.

-          S’il y a aggravation la nuit : ARSENICUM ALBUM 9 CH, 3 granules 3 fois/24 h de préférence la nuit.

-          Par contre, congestion de l’oreille, fièvre, abattement, peau moite : BELLADONNA 9 CH, 3 granules 3 fois/jour.

-          Douleur importante sensible au toucher : CAPSICUM ANNUM 9 CH, 3 granules 3 fois/jour.

-          Douleur remarquable mais insensible au toucher : AURUM  METALLICUM 9 CH, 3 granules 3 fois/jour.

-          Si l’otite est une suite incontournable d’une rhinopharyngite : MANGANUM 12 CH, 3 granules 3 fois/jour pendant 3 jours puis 15 CH, 10 granules 1 fois/semaine pendant 1 mois et demi pour éviter les rechutes.

 

H. D.                    - Et le vertige de Ménière ?

 

M.-C. R.              - Je le classe dans les BOUFFÉES BLANCHES avec le malaise vagal, la crise d’hypoglycémie, l’anémie et l’hypotension.

                            Les remèdes sont :

                            CALADIUM, TABACUM, LOBELIA, STRONTIANA-CARBONICA, ACETIC ACIDUM, VERATRUM-ALBUM, CHINA, FERRUM, CHININUM-SULFURICUM, JABORANDI, IRIS-VERSICOLOR, THERIDION, CHENOPODIUM, PHOSPHORIC ACIDUM.

 

H. D.                    - Vos préférés ?

 

M.-C. R.              - LOBELIA INFLATA, qui salive comme une bête enragée, blême, il vomit facilement, frileux et moite, vidé de toute énergie malgré sa faim insatiable. Il se précipite sur sa cigarette qui le fait survivre un moment.

                            9 CH, 3 granules par ½ h en crise sinon 1 fois/jour.

 

                            THERIDION, qui se tient immobile et rigide et surtout les yeux grands ouverts obstinément alors qu’il craint la lumière. Le bruit lui agace les dents. Ce remède si facile à repérer est efficace d’autant. Encore faut-il avoir les signes qui lui correspondent.

                            9 CH, 3 granules 1 à 3 fois/jour.

 

H. D.                    - Vous n’avez pas parlé de l’hypertension artérielle.

 

M.-C. R.              - Avec ce symptôme on abordera les remèdes de BOUFFÉES ROUGES qui concernent aussi ceux qui abusent de l’alcool, celles qui ajustent difficilement leur ménopause et aussi ceux et celles dont les artères durcissent et se sclérosent avec l’âge.

                          

-          Les hyperémotifs : COLOCYNTHIS, IGNATIA, GELSENIUM, AMBRA GRISEA, NUX VOMICA, ARGENTUM NITRICUM...

-          Les congestifs aigus : ACONIT, GLONOÏNUM, AMYLNITROSUM, BELLADONNA, MELILOTUS, CACTUS, LILIUM TIGRINUM.

-          Les congestifs chroniques : STRONTIANA CARBONICA, PHOSPHORUS, LACHESIS, NUX VOMICA.

-          La sclérose : PLUBUM, AURUM, GRAPHITES,     CAUSTICUM, BARYTA CARBONICA, COCCUS CACTI.

 

H. D.                    - Votre préféré ?

 

M.-C. R.              - IGNATIA AMARA 15 CH, 3 granules 1 fois/jour.

                            Remède de civilisation pour décider de tout et à tout moment. Plaire à papa et à maman, plaire au patron et au mari, plaire aux copains et à sa femme, voir Vesoul et Paris... De quoi brancher le grand orchestre de la culpabilité ou de l’indécision.

 

                            Puis dans cet enfer de souffrances, le remède cocasse, qui porte bien son nom COCCUS CACTI : aggravé par le port du dentier avec nausées si se brosse les dents ; 9 CH, 3 granules 1 fois/jour, espacer et reprendre selon amélioration.

 

                            Bête comme chou et aussi efficace que l’huile de table qui a rempli les conduits auditifs d’un enfant qui hurlait depuis des heures interminables en tenant ses deux oreilles. Il avait dormi toute la nuit alors qu’il descendait d’Allemagne avec ses parents vers une plage du Sud, vitres ouvertes dans la voiture. OTITE, catarrhe tubaire, coup d’air, fragilité excessive, inverse de la sclérose… acouphènes des enfants : la bonne huile d’olive fit merveille. Après 10 heures de hurlement l’enfant s’endormit sur le champ.

 

H. D.                    - Soigner des acouphènes semble un jeu d’enfant pour vous…

 

M.-C. R.              - Un jeu d’enfant en effet quand ces patients ont le « mal de mer » ou le mal des transports. C’est la première question que je leur pose tellement le choix du remède procède d’un parcours fléché entre ceux qui ouvrent les yeux ou la fenêtre, restent immobiles sans parler ou bavardent comme des pies, vomissent, mangent ou salivent, à bâbord ou à tribord.

                            Je leur donne le tableau, ils choisissent eux-mêmes le menu avec de grandes chances de résultat.

 

-          COCCULUS INDICUS - Tintinabulis dans les oreilles à bâbord comme à tribord avec nausées et faiblesses notables. Reste immobile et sans parler. Salive beaucoup. Aggravé par la fumée de tabac.

-          TABACUM - Sur fond de vagues et de houles océanes, pâleur, douleurs, froideur, moiteur. Reste immobile, un peu raide, les yeux fermés contre la vitre entrouverte de la voiture qui lui donne l’air frais dont il a impérativement besoin.

-          THERIDION - Reste immobile pour éviter le charivari dans sa tête et dans ses oreilles. THERIDION garde les yeux ouverts et la fenêtre aussi. Ou bien il monte sur le pont du bateau pour avoir de l’air, s’accroche à la rambarde et ne bouge plus, mais peut assurer une longue conversation.

-          PETROLEUM - Vacarme géant sur fond de nausées avec déferlantes de salive. S’arrête sur l’autoroute pour dévorer un triple big-mac et tout va beaucoup mieux. PETROLEUM est amélioré quand son estomac est bien calé.

-          BORAX - Ne supporte pas les dos d’âne ni les nids de poule. 5 CH, 3 granules toutes les heures dès qu’on sort de l’autoroute.

 

H. D.                    - Il y a aussi ceux qui souffrent d’acouphènes en avion.

 

M.-C. R.              - Le grand remède CHININUM SULFURICUM 9 CH, 3 granules/heure pour le mal d’avion, d’altitude ou de plongée.

                            On peut penser à COCA en montagne et à RHODODENDRON en plongée (3 granules 3 fois avant de partir et 3 fois après).

 

H. D.                    - Quel est selon vous la grande spécificité de l’homéopathie dans le traitement des acouphènes ?

 

M.-C. R.              - Le traitement des suites des états de CHOC - qu’ils soient physiques ou émotionnels.

                            Après mon petit jeu favori de demander s’ils ont le mal de mer, je m’informe très rapidement d’un éventuel traumatisme auprès de mes nouveaux patients. Et je pose la question plusieurs fois et de manière détournée. Car un chagrin d’amour, un tir de carabine, un accident de voiture, le deuil de l’arrière grand-mère adorée, l’échec à un concours, la perte d’un emploi, une anesthésie, une maladie grave, une fausse couche, un enfant en situation d’échec, un procès, un héritage, un divorce, une mauvaise note, un refus d’avancement ... ont même valeur aux yeux de l’homéopathe.

                          

                            Les vrais deuils il faut les nommer et les soigner : ARNICA, GELSENIUM, PHOSPHORICUM ACIDUM.

                          

                            Les vrais peurs, il faut les trouver et les traiter (accidents, deuils, pertes, guerres, viols, attentats, anesthésies... ou tout simplement la branche d’un arbre qui cogne à la fenêtre la nuit) : PAPAVER, ARNICA, ACONIT.

                          

                            Les conflits parents-enfants, procès, divorces, héritages, il faut les démasquer, qui risquent de troubler les tensions intra crâniennes : SARSAPARILLA, IGNATIA, NUX VOMICA, COLOCYNTHIS, STAPHYSAGRIA.

                          

                            Il y va de ces remèdes, lors de tels ennuis en des prescriptions en 30 CH ; la dilution homéopathique est proposée pour remettre en ordre l’agencement hydroélectrolitique des liquides céphalorachidiens (qui en déséquilibre peut provoquer autant une dépression nerveuse que des acouphènes).

 

                            Il faudrait que chacun de nous connaisse le tableau d’une posologie facile en cas de grands traumatismes « suite de ».

 

H. D.                    - J’imagine que tout n’est pas toujours rose et merveilleux… Parlez nous aussi de vos échecs.

 

M.-C. R.              - Il est certaines personnes qui portent en elles tellement de PEUR, de grisaille et de désespérance qu’elles finiraient par déteindre sur moi. Une profonde lassitude m’a envahie souvent, après avoir rencontré quelques patients tellement fermés, raides, repliés et durcis sur leur souffrance, inatteignables. Je ne les ai jamais laissé tomber et je m’aperçois ces derniers temps que pour beaucoup d’entre eux un joli sourire est revenu sur leur visage, leur voix est plus claire, leur propos plus chaleureux. Nous rions ensemble alors que les premières consultations ressemblaient à un parloir de prison. Dans quel enfermement étaient-ils contraints ? Je ne le saurai peut-être jamais. Là n’est pas l’important, pourvu que beaucoup retrouvent la joie de vivre. Car il me paraît évident que la problématique des acouphènes réside dans une perte de dignité, d’honneur, d’espoir ou de joie, peut-être d’amour.

 

PEUR - VERATRUM ALBUM : sueurs froides, pâleur assis ou cyanose couché, prostré. 15 CH, 10 gr toutes les heures, 3 fois

            - ACONIT : rouge à peau sèche, agité, anxieux

            a vu un accident 15 CH, 10 gr toutes les heures, 3 fois

            - PAPAVER : abattu, prostré, pupilles rétractées

            a subi un accident 30 CH, 10 gr toutes les heures 3 fois

            - GELSENIUM : tremble et paralysé

            a reçu la mauvaise nouvelle 9 CH, 10 gr/h, 3 fois

 

DEUIL   - ARNICA 30 CH,    10 gr le matin, pdt 5 jrs

            - IGNATIA 30 CH,   10 gr à midi, pdt 5 jrs

            - LACHESIS 30 CH,  10 gr le soir, pdt 5 jrs

 

ANESTHÉSIE

            - PAPAVER 30 CH,       10 gr le matin, pdt 5 jrs

            - STAPHYSAGRIA 30 CH,  10 gr à midi, pdt 5 jrs

            - ARNICA 30 CH,        10 gr le soir, pdt 5 jrs

 

TRAUMATISME CRÄNIEN

            - CHININUM SULFURICUM 30 CH, 10 gr le matin, pdt 5 jrs

            - NATRUM SULFURICUM 30 CH, 10 gr à midi, pdt 5 jrs

            - ARNICA 30 CH, 10 gr le soir, pdt 5 jrs.

 

CHAGRIN D’AMOUR

            - PHOSPHORICUM ACIDUM 3 CH, : 1 dose 3 jrs de suite

            - NATRUM MURIATICUM 30 CH, : 1 dose 3 jrs de suite

 

PERTE - NOSTALGIE - DÉRACINEMENT

            - CAPSICUM ANNUM 30 CH, : 1 dose 3 jrs de suite

 

H. D.                    - A Toulouse, en septembre dernier, les vitres ont valsé. On peut penser que les tympans de beaucoup de Toulousains ont subi de sérieux préjudices. Certains risquent d’en subir les conséquences à long terme et de souffrir de bourdonnements d’oreilles.

 

M.-C. R.              - En effet. Pour une prévention, on peut leur proposer deux choses :

 

* Contre la peur, consciente ou inconsciente :

-          ACONIT 30 CH, 10 gr le matin, pdt 5 jrs

-          CAUSTICUM 30 CH, 10 gr à midi, pdt 5 jrs

-          PAPAVER 30 CH, 10 gr le soir, pdt 5 jrs

 

* Contre les effets pervers d’une trop forte pression sur des tympans fragiles, avec ou sans maux de tête :

-          CHININUM SULFURICUM 30 CH, 10 gr matin, pdt 5 jrs

-          NATRUM SULFURICUM 30 CH, 10 gr midi, pdt 5 jrs

-          ARNICA 30 CH, 10 gr soir, pdt 5 jrs

 

                                                           La Bastide- L’Évêque, novembre 2001