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10 % des enfants de moins de 2 ans s'endorment avec un casque audio

 

Le casque audio et les écouteurs sont utilisés par des enfants de plus en plus jeunes, près de 10 % des enfants de moins de deux ans s'endormant avec un casque ou des écouteurs, selon les résultats d'une enquête Ipsos*, publiée jeudi 29 octobre 2015. Des résultats qui ont suscité la consternation des pédiatres et des médecins ORL français. "Nous sommes très inquiets de voir que la berceuse est remplacée par le casque", commente Jean-Louis Horvilleur, un audioprothésiste ayant coordonné l'enquête réalisée pour le compte de l'association "la semaine du son" avec le soutien de la Direction générale de la santé (DGS).

On va en faire des sourds à 30 ans"

Selon l'enquête, réalisée auprès de 1.500 personnes dont 500 parents d'enfants de 0 à 6 ans, 511 enfants de 7 à 12 ans et 502 adolescents âgés de 13 à 19 ans, 21 % des moins de six ans utilisent un casque audio et des écouteurs, contre 95 % chez les adolescents et 74 % chez les 7 à 12 ans. La vraie surprise est venue des enfants de moins de deux ans qui, selon leurs parents, seraient 15 % à utiliser des casques et des écouteurs et à s'endormir avec eux lors de longs trajets en voiture (71 % de ceux qui les utilisent), mais également dans leur lit (61 %) : soit 9 % de l'ensemble des enfants de moins de 2 ans étudiés. "C'est consternant", résume le Dr Jean-Michel Klein, président du syndicat national des médecins ORL, qui redoute les conséquences sur l'audition à long terme de ces enfants "incapables de dire si le son est trop fort". "On va en faire des sourds à 30 ans", ajoute-t-il.

Les commentaires sont tout aussi négatifs du côté des pédiatres. "C'est de la folie, on sait déjà que l'écran avant 3 ans est déraisonnable, mais le casque sur les oreilles avant l'âge de 6 à 8 ans est tout aussi déraisonnable", estime le Dr François-Marie Caron, ancien président de l'association française des pédiatres. "Le risque, c'est l'excitation par rapport au sommeil mais également une stimulation auditive excessive", note-t-il.

 

90 décibels avec un écouteur crée une pression sur le tympan ressemblant à un tsunami"

Mais les tout-petits ne sont pas les seuls à s'endormir avec des casques, les adolescents étant 67 % à le faire lors de déplacements en voiture et 69 % dans leur lit. Cette évolution inquiète les spécialistes qui précisent que pour entendre le son dans un endroit bruyant comme une voiture, les jeunes ont tendance à augmenter le volume à des niveaux dangereux pour leurs oreilles. Cette crainte est confortée par 85 % des parents qui affirment entendre ce que l'enfant écoute avec un casque en voiture sur de longs trajets.

95 % des parents entendent ce que leur enfant écoute à la maison, tandis que 15 % des 7 à 12 ans et plus d'un tiers des adolescents reconnaissent "écouter fort" sur au moins un support (smartphone, tablettes, ordinateurs, jeux vidéo). Un volume trop élevé cause un vieillissement "prématuré et irréversible" de l'oreille interne, rappelle le Dr Klein qui conseille aux adolescents de modérer la puissance du son. "90 décibels avec un écouteur crée une pression sur le tympan ressemblant à un tsunami", explique-t-il.

Quelques conseils pour baisser le sonAu-delà de la limitation du volume, l'association "la semaine du son" conseille aussi de limiter le temps d'écoute, de diminuer la fréquence de l'utilisation des casques audio et écouteurs et de faire des pauses. Des conseils dont une très grande majorité d'adolescents ont conscience sans forcément les respecter. Selon l'enquête réalisée auprès d'un échantillon national représentatif, les adolescents ont, en moyenne, leur casque audio ou leurs écouteurs fixés aux oreilles 2 heures par jour contre une moyenne d'écoute en continu de 31 mn par jour pour les enfants de 0 à 6 ans.

En janvier 2015, Marisol Touraine avait annoncé que la limitation du niveau sonore des casques audio était à l'étude, mais des responsables de fabricants contactés par l'AFP avaient estimé que cette limitation serait compliquée à mettre en œuvre.

* Source : Enquête Ipsos sur "Les jeunes et le monde sonore"

Article : Sciences et Avenir Santé 30/10/2015