Composition du COMITÉ SCIENTIFIQUE de l' Association FRANCE ACOUPHÈNES

Composition du Comité Scientifique : 7 cliniciens et 5 chercheurs




Lisez la présentation de chacune de ces personnes par un survol avec le curseur de la souris,
ou retrouvez la sur cette page.

Pr. Bruno FRACHET :  Je consacre aux acouphènes une bonne partie de mon temps professionnel. Une « consultation acouphènes » est disponible dans mon service. Elle reçoit une centaine de nouveaux acouphéniques chaque mois. De plus, je développe ou essaie de développer des approches originales dans certains cas particuliers d’acouphènes et suis heureux de confronter leurs résultats avec d'autres.

Dr. Bertrand GEOFFRAY :  Depuis maintenant 14 ans je m'intéresse au challenge des acouphènes pour de multiples raisons : mon centre d'intérêt principal est l'oreille interne ; c'est un domaine où la marge de progression est considérable et ce qui stagne m'ennuie ; j'ai organisé un certain nombre de manifestations à ce sujet (dont les premières formations à destination des ORL), et faire partie de ce comité est évidemment un stimulus important.

Enfin j'ai acquis maintenant une expérience clinique intéressante, peut être difficile à transmettre mais qui peut servir dans l'élaboration de protocoles ou leur mise en place pratique.

Pr. Bernard MEYER :   o Professeur des Universités (Université Pierre et Marie Curie, Paris 6)
o Praticien Hospitalier, ORL des Hôpitaux de Paris (AP-HP), chef du Service ORL, Hôpital Saint-Antoine
Coordonnateur du rapport 2001 « Acouphènes et Hyperacousie » de la Société Française d’ORL et de Chirurgie cervico-faciale

Le service prend en charge des acouphènes et des surdités sévères et profondes
- Centre d’implantation des appareillages auditifs (prothèses d’oreille moyenne et implants cochléaires)
- Consultation de thérapie cognitive et comportmentale (Dr Philippe Peignard)

Pr. Paul PIONCHON :  Mon intérêt pour les personnes porteuses d'acouphènes est étroitement lié à mes différentes implications professionnelles dans le domaine des douleurs oro-faciales chroniques. Comme clinicien odontologiste je reçois de nombreux patients qui consultent pour des douleurs musculo-articulaires de la face et qui présentent également des acouphènes, ainsi que des acouphéniques demandeurs de soins odontologiques pour soulager leurs symptômes. Dans mon activité de recherche je constate une convergence entre les conceptions actuelles de ces deux maladies et les stratégies thérapeutiques qui en découlent. Comme les douloureux chroniques, les acouphéniques présentent en général le même niveau de détresse. Ces personnes méritent d'être écoutées et de recevoir des informations de qualité.

Enfin , comme responsable de la Société d'Etude et de Traitement de la Douleur, j'ai plaisir à soutenir la démarche de l'association France Acouphènes.

Pr. Jean RÉGIS :  Mon exercice professionnel m'a amené au cours des dernières années à me spécialiser dans la prise en charge thérapeutique des tumeurs de la base, des neurinomes de l'acoustique et des acouphènes. La pratique m'a montré à la fois le déficit d'informations de certains patients et le rôle extrêmement positif que pouvaient jouer certaines associations de patients. Je crois aussi fondamentalement que le vécu communiqué par les patients ayant fait l'expérience d'une pathologie et/ou de son traitement peut être extrêmement précieux aux patients entrant dans la maladie ou à la recherche d'une aide pour affronter celle ci.
Je crois que l'aide que votre association apporte aux patients est d'une nature tout à fait différente et complémentaire de celle qui peut être apportée par les médecins eux mêmes. Je remercie France Acouphènes de m’avoir sollicité pour devenir membre de son conseil scientifique.

Pr. Bernard RIVIÈRE :  Je suis psychiatre hospitalier et je pratique les thérapies comportementales et cognitives. Nous avons mis en évidence l’existence de troubles anxieux et dépressifs avant, parfois, et après, souvent, l’apparition de troubles acouphéniques. De plus, les processus d’habituation à l’acouphène semblent perturbés. La connaissance de la psychologie expérimentale et clinique pour étudier et modifier cette tolérance à l’acouphène paraît utile pour les patients. En liaison avec le travail des médecins ORL et des audioprothésistes, la dimension psychoaffective de nombreux patients pourrait être prise en compte et bénéficier d’une aide significative.

Un effort de recherche et de diffusion de ces résultats est à poursuivre en particulier à travers la formation des thérapeutes, actuellement rares dans ce domaine.

Pr. Éric TRUY :  "Je pense qu'appartenir au Conseil Scientifique de FA est l'expression d'une volonté d'aider au mieux ces patients pour lesquels la médecine est actuellement en panne. Cependant même si la panacée n'existe pas, il est important que certains médecins refusent toute idée abandonique. Les contingences matérielles actuelles ne sont malheureusement pas favorables à ces patients. Raison de plus pour s'y atteler."

Pr. Paul AVAN :  "Ma thématique de recherche principale porte sur la mécanique et la physiologie de la cochlée, et à ce titre la question des acouphènes est essentiellement ciblée sur le début de l' "histoire", l’événement traumatisant qui a pu déclencher une réponse inappropriée des voies et centres auditifs. La partie clinique de mon travail consiste à effectuer des explorations fonctionnelles, donc à rechercher des moyens d'investigations et d’évaluation plus poussés et à ce titre les acouphènes posent des problèmes brûlants, dont la résolution pourrait peut être aider à la prise en charge. Ma motivation pour appartenir au Conseil Scientifique de France Acouphènes est donc un peu en amont de cette prise en charge, si ce n'est qu'un certain nombre d'acouphènes peuvent quand même bénéficier d'un appareillage traditionnel".

Dr. Yves CAZALS :  J'accepte de participer au conseil scientifique de France Acouphènes, pour y mettre à disposition mes connaissances physiopathologiques sur les acouphènes afin de pouvoir informer au mieux l'audience de France Acouphènes des attentes et des progrès pour prévenir ou soigner.

Pr. Lionel COLLET :  Professeur des Universités-Praticien Hospitalier Chef du Service d’Audiologie et d’explorations oro-faciales Hospices Civils de Lyon Directeur du Laboratoire Neurosciences et systèmes sensoriels UMR CNRS 5020 Directeur du GDR CNRS Prothèses Auditives

Principaux domaines d’intérêt dans la recherche sur les acouphènes : - Objectivation des acouphènes. - Liens entre émotions et acouphènes

Depuis 1986, la recherche sur les acouphènes est au centre de nos préoccupations. Une équipe s’est constituée dans le laboratoire autour de Mme S Chéry-Croze qui nous a rejoint dès 1991 en raison de ses compétences en neurophysiologie. Sur le plan hospitalier, nous développons deux axes : Mise au point de nouvelles explorations fonctionnelles des acouphènes et de nouvelles thérapies.

Dr. Jean-Luc PUEL :  Notre laboratoire vient de développer deux modèles expérimentaux d'acouphènes chez l'animal pour tester l’efficacité thérapeutique de médicaments appliqués directement au contact de l’oreille interne (pharmacologie locale). Le premier de ces modèles consiste à enregistrer l’activité électrophysiologique des fibres du nerf auditif. Nous avons montré que de fortes doses d’aspirine (ou de son composé actif, le salicylate), connues pour induire des acouphènes chez l’homme, provoquent une augmentation de l’activité basale et des décharges ‘‘en bouffées’’ dans le nerf auditif. Cependant, faire la démonstration que le salicylate provoque des activités anormales ne suffit pas à démontrer qu’il induit des acouphènes. Nous avons donc mis au point un modèle comportemental d’acouphènes qui n’induit ni stress, ni anxiété chez l’animal (Guitton et al, J. Neuroscience, 23:9, 2003). L’animal est tout d’abord conditionné à exécuter une tâche motrice en réponse à un son extérieur, généré par un haut-parleur. Lorsque ces animaux sont traités avec de fortes doses de salicylate, ils exécutent la tâche en l’absence de son. En fait, l’acouphène perçu par l’animal fait office de «son déclenchant» pour le comportement moteur. L’animal perçoit son acouphène comme un son extérieur et exécute la tâche. Nous avons ainsi deux moyens (electrophysiologique et comportemental) pour objectiver et quantifier la présence d’un acouphène chez l’animal. L’intérêt de ces modèles est de pouvoir étudier les mécanismes moléculaires impliqués dans la genèse des acouphènes. Ce modèle «salicylate» est maintenant étendu à d’autres pourvoyeurs d’acouphènes comme le bruit, la chimiothérapie, ou le vieillissement de l’oreille (presbyacousie). La connaissance des mécanismes et du site d’origine des acouphènes permet de proposer des stratégies thérapeutiques ciblées. Par exemple, en appliquant au contact de la cochlée, des molécules qui bloquent sélectivement les récepteurs NMDA du glutamate (neurotransmetteur des cellules sensorielles), on stoppe les activités anormales du nerf auditif et les acouphènes induits par le salicylate!

On voit bien l’intérêt clinique de tels résultats. L'obstacle majeur à la mise en oeuvre d'essais cliniques réside dans les effets secondaires des substances délivrées par voie générale. Par exemple, les anti-NMDA efficaces sur les acouphènes ont des effets catastrophiques sur l'apprentissage et la mémoire. La mise au point d’une pharmacologie locale (trans-tympanique), issue des recherches sur l’animal, va permettre de s’affranchir de ces effets secondaires. Souhaitons que les essais cliniques suivent de près ces recherches expérimentales. D’autant qu’avec les «bruits de loisirs» toute une "jeune" génération de sourds et d’acouphéniques est en train de se constituer. Autrement dit, les problèmes auditifs liés à l'âge (presbyacousie), au lieu de débuter à 60-70 ans, comme c'est le cas aujourd'hui, vont débuter bien plus tôt, dès 35-40 ans.

Pr. Raymond ROMAND :  "Travaillant sur le développement fonctionnel et structural du système auditif, certains aspects de cette recherche peuvent aider à la compréhension de pathologies auditives et éventuellement faciliter une approche curative".