| Prévention
et reconnaissance des traumatismes auditifs chez les jeunes - /1 Lobbying politique : cest possible ! |
| Réponse à la question orale Assemblée nationale n° 1463 du 19 juin 2001 de Madame Françoise IMBERT, députée de Haute Garonne, groupe socialiste, in JO AN (CR) n° 45 du 20 juin 2001. |
| Mme Françoise Imbert
attire l'attention de M. le ministre délégué à la
santé sur les mesures à prendre pour prévenir, chez
les jeunes, l'augmentation de traumatismes induits par
les excès de décibels. Par exemple, une jeune fille de
sa circonscription souffre, depuis neuf ans,
d'hyperacousie douloureuse sévère, suite à un
traumatisme sonore subi lors d'un concert. Près de 10
%,des jeunes présenteraient un déficit de la fonction
auditive. Les causes en sont des concerts trop bruyants,
l'intensité sonore des discothèques, l'usage prolongé
des baladeurs. De plus en plus de jeunes ne récupèrent
plus toutes leurs facultés auditives. Depuis quelques
années, une réglementation se met en place en vue de
protéger des effets nocifs du bruit les lieux de
travail, les cantines, les établissements salaires. Des
dispositions existent : elles imposent un seuil à la
production de décibels dans les lieux fréquentés par
les jeunes, mais comment faire appliquer ces textes
déjà établis ? Une Journée Nationale de l'Audition a
été organisée le 16 mai [NDLR : la 4ème
JNA a eu lieu le 16 mai 2001, la 5ème le 15
mai 2002] pour sensibiliser les jeunes à ce qui risque
de devenir un problème de santé publique. Elle
souhaiterait savoir si d'autres actions peuvent être
envisagées, s'il est prévu de normaliser la puissance
des écouteurs et comment faire pour que ces handicaps
qui concernent les jeunes générations soient mieux
reconnus par des organismes comme la COTOREP "
" Je suis moi aussi préoccupé par les conséquences de l'écoute de la musique à de forts niveaux sur les performances auditives des jeunes adultes. Il s'agit, en effet, d'un véritable phénomène de mode. L'intensité sonore des discothèques - il n'y a pas que les rave parties - et l'usage prolongé des baladeurs sont des facteurs qui conduisent aux excès que nous constatons désormais à leur niveau pathologique. Cette préoccupation est d'autant plus vive que les déficiences auditives occasionnées par des traumatismes sonores sont des affections définitives, que la médecine est souvent impuissante à réparer. Il n'existe donc aujourd'hui aucune solution du problème a posteriori. Cependant, le bruit est un facteur agressif maîtrisable : là où la guérison est impossible, il reste la prévention et l'information. Notre pays a choisi de légiférer en limitant le niveau sonore moyen dans les lieux de loisirs musicaux à 105 décibels en moyenne en tout point accessible au public. C'est le sens du décret de décembre 1998 qui prescrit des mesures de protection de la santé auditive pour les établissements et locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée. C'est le sens aussi des dispositions de l'arrêté de juillet 1998, qui limite le niveau sonore des baladeurs vendus en France à 100 décibels et impose une information des utilisateurs sur l'usage des écouteurs et casques. Toutefois, cette réglementation ne saurait suffire en elle-même dans le sens où la plus grande difficulté réside dans l'application et surtout le contrôle de ces dispositions. C'est pourquoi, afin de leur assurer une efficacité optimale, l'édiction de ces normes s'est accompagnée du renforcement des " pôles de compétences bruit " instaurés au niveau départemental et dont le pilotage est principalement assuré par les directions départementales des affaires sociales et sanitaires, lesquelles manquent de personnel. De même, les dispositions relatives aux baladeurs sont soumises aux contrôles des services du ministère en charge de la consommation. Enfin, nous souhaitons développer les efforts de sensibilisation et d'information. De nombreuses initiatives locales existent déjà et bénéficient de l'appui des " pôles de compétences bruit ". En complément, j'ai décidé d'engager dans les prochains mois une campagne nationale de prévention des risques auditifs, en liaison avec l'assurance maladie et le comité français d'éducation pour la santé. Cette campagne s'inscrit dans le cadre général de la politique d'éducation pour la santé que j'ai présentée en conseil des ministres et que nous avons décidé de mener en faveur des jeunes. Il convient en effet d'amener l'enfant, dès le plus jeune âge, à s'adapter à son milieu et à prendre conscience de l'influence de ses comportements sur la santé. Cela ne lui permettra pas de résister à la puissance des décibels, mais il sera informé: Si elle n'est jamais suffisante, l'information est en tout cas indispensable.
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