FRANCE ACOUPHÈNES

Concert, hyperacousie, acouphènes et action en justice

 

Au mois de juillet 1998, j'ai assisté à un concert de rock se déroulant dans une des plus grandes salles de spectacle de ma région. Lors du concert, j'étais à peu près au milieu de la salle, loin des haut-parleurs placés en hauteur et de chaque côté de la scène. A aucun moment, je n'ai eu le sentiment de prendre le moindre risque. Comme dans tout concert de rock, le volume sonore était élevé, mais au-delà d'un certain niveau, il est difficile de se rendre compte à quel point. De plus, je n'ai pas ressenti sur le moment de douleur susceptible de m'alerter. Pourtant, ce concert a provoqué chez moi un traumatisme sonore endommageant gravement mon audition.


Depuis, je vis en enfer car je souffre à la fois d'hyperacousie sévère (hypersensibilité au bruit), de douleur auditive et d'acouphènes (sifflements aigus), le tout de façon bilatérale et permanente. L'année écoulée a été consacrée à assurer mon travail tant bien que mal et à tenter de me soigner, à l'exclusion d'autres activités, me coupant ainsi pratiquement de toute vie culturelle et sociale. Je ne décrirai pas en détail ce que les membres de France Acouphènes ont pris très justement l'habitude d'appeler le parcours du combattant ou le chemin de croix de l'acouphénique. Sachez simplement que j'ai consulté de très nombreux médecins et thérapeutes (généraliste, O.R.L., neurologue, ostéopathe, dentiste, psychologue, psychiatre, homéopathe, acupuncteur, magnétiseur) et pris quantité de drogues (Tanakan®, Vastarel®, Serc®, Lexomil®, Rivotril®,... ) pour un résultat strictement nul. Comme les autres acouphéniques, j'ai fait connaissance avec, au mieux, l'écoute attentive mais impuissante de certains praticiens, au pire, l'incompétence et le mépris d'autres médecins. Je ne citerai à ce propos que deux cas particulièrement scandaleux : " l'hyperacousie, ça n'existe pas " asséné par un généraliste, et " un traumatisme sonore peut diminuer la sensibilité auditive, mais pas provoquer une intolérance au bruit et des sifflements d'oreilles " affirmé avec aplomb par un neurologue. Ces attitudes irresponsables, le manque de compréhension et de prise en considération généralement constaté, l'impossibilité de trouver une aide professionnelle efficace, l'absence totale de coordination des soins, l'obligation de répéter la description de son parcours à chaque nouvelle consultation, se sont ajoutés à la souffrance prolongée, aux troubles du sommeil et à l'isolement pour dégrader inéluctablement mon état physique et psychologique. Aujourd'hui, c'est la dépression et l'arrêt de travail...


Mais contrairement à d'autres personnes atteintes d'hyperacousie et d'acouphènes, je connais depuis le début la cause de mes souffrances : c'est le concert auquel j'ai assisté, durant lequel j'ai été soumis sans m'en rendre compte à un niveau sonore endommageant mon audition de manière irréversible. C'est pourquoi je me considère comme la victime d'un acte criminel, un peu comme une personne se retrouve handicapée après avoir été renversée par un chauffard ou blessée par une bombe lors un attentat. Car ce qui m'est arrivé n'est pas un accident. Depuis au moins quarante ans qu'existent les concerts de rock, on connaît leurs risques, on connaît les limites à ne pas dépasser. Et pourtant certains " professionnels " du spectacle continuent à jouer sans scrupule avec la santé et la vie des autres, et bien sûr à leur insu. Je me suis rendu dans cette salle, construite et exploitée grâce à l'argent public, destinée au grand public et fonctionnant depuis plusieurs années, avec la confiance de l'agneau qui part à l'abattoir. Ainsi, les spectateurs se rendent au concert pour vivre un moment de plaisir et non pour y être blessés et se retrouver handicapés à vie. Leur droit le plus élémentaire est celui de la sécurité. La sécurité sous toutes ses formes, y compris la sécurité auditive.


C'est pourquoi, dès que j'en aurai la force, j'ai l'intention de poursuivre en justice les organisateurs du concert. Obtenir justice sera, j'en suis persuadé, un élément déterminant de ma guérison partielle, si celle-ci doit se produire un jour. Mais là encore, les difficultés s'annoncent nombreuses. C'est pourquoi j'aurai besoin pour mener ce combat d'un maximum d'informations et de conseils. Aussi je lance ici un appel à tous les lecteurs de mon témoignage : si vous pouvez m'aider d'une manière quelconque (connaissance d'examens médicaux ayant force probante, compétences juridiques pointues sur le sujet, connaissances de procès comparables en cours ou déjà jugés, etc.), veuillez prendre contact avec moi. Selon les réponses reçues, je réaliserais éventuellement une synthèse sur ce sujet afin d'en faire profiter tous les membres de France Acouphènes.

 

Nicolas Site internet de l'A.P.T.A.
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Association pour la Prévention des Traumatismes Auditifs"
Email : nro@mail.com http://audition-prevention.org